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Comment se renseigner sur les risques d’avalanche avant une sortie en hors-piste ?

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Les chutes de neige viennent titiller votre esprit d’aventurier ? C’est l’appel de la montagne que tout freerider connaît. La poudreuse, la liberté, l’adrénaline : le hors-piste offre des sensations hors du commun. Pourtant, ce n’est pas une discipline sans danger. Alors, avant de vous évader dans les grands espaces blancs, retrouvez nos conseils Go Sport Montagne pour vous renseigner sur les risques d’avalanche avant une sortie hors-piste.

 

Le BRA : le Bulletin d’estimation des risques d’avalanche

Publié tous les jours d’hiver à partir de 16h par Météo France (téléchargeable sur le site Internet), le Bulletin d’estimation du risque est l’un des premiers outils à utiliser pour se renseigner sur les risques d’avalanche avant de s’éclipser hors-piste. Chaque massif dispose de son propre BRA afin de proposer les indications les plus précises et les plus localisées possibles.

Le BRA récapitule toutes les informations nécessaires pour évaluer la stabilité du manteau neigeux. Il met en avant notamment les orientations les plus dangereuses ainsi que la hauteur de neige hors-piste. De plus, vous obtiendrez des détails spécifiques quant aux effets du vent et de la température sur la couche de neige. Il est accompagné d’une analyse fine des spécialistes de la montagne. Ainsi, vous pourrez déterminer quel itinéraire hors-piste présente le moins de risques.

 

Les trois règles simples pour se prémunir de tous dangers hors-piste :

  • Avant toute chose, il faut savoir rester humble face à la montagne. Nous ne sommes que peu de chose face à la puissance de Mère Nature.
  • Deuxièmement, soyez réaliste quant à votre niveau et vos capacités physiques.
  • Enfin, comme le dit l’adage « mieux vaut prévenir que guérir ». Prévoyez votre équipement de sécurité freeride en envisageant le pire.

 

Les indices de risque d’avalanche

Pour synthétiser une partie des avertissements exposés sur le BRA, il existe un système d’indice du risque d’avalanche. On le retrouve sur Internet, sur le BRA, ainsi qu’au niveau des remontées mécaniques de la station concernée. Allant de 1 à 5, les indices catégorisent le risque d’avalanche de « faible » à « très fort ». Voici en détail ce que signifie chaque indice :

 

  • Indice 1 : le risque est qualifié de « faible ». Ainsi, la majorité des espaces hors-pistes sont praticables et présentent peu de risques de déclencher une avalanche. Les conditions sont bonnes, alors à vos spatules !

 

  • Indice 2 : risque limité. Limité mais pas nul. Les conditions restent favorables à des sorties freeride sur une majeure partie des itinéraires. Il est conseillé d’éviter les parcours mal exposés ou très pentus.

 

  • Indice 3 : risque marqué. Cela signifie qu’une avalanche peut survenir sur de nombreuses pentes. Le manteau neigeux est donc instable. Il conviendra de bien déterminer son itinéraire en intégrant toutes les informations du BRA sur les pentes, les expositions, les effets du vent et du soleil… avant de sortir hors-piste.

 

  • Indice 4 : risque fort. Le manteau neigeux est instable, une avalanche peut se déclencher à tout moment, de manière spontanée ou après le passage d’un skieur, y compris sur les pentes peu raides. C’est donc une majorité du domaine hors-piste qui est à bannir.

 

  • Indice 5 : risque très fort. Dernier niveau des indices, il déconseille fortement le freeride car de nombreux départs d’avalanches sont soit observés soit attendus. Cela signifie que même les itinéraires considérés comme « safe » sont à éviter. Mieux vaut rester sur les pistes.

 

La difficulté principale de ces indices est de bien comprendre qu’ils ne sont pas linéaires. Par exemple, le risque 3 n’est pas un risque moyen. D’un degré à l’autre, le danger double. Donc un niveau 2 n’est pas « un peu plus risqué » qu’un niveau 1, il est doublement risqué.

panneau risque d'avalanche

D’autre part, ils indiquent un risque général, sans précision quant aux espaces présentant un danger limité. Le BRA sera plus précis pour vous renseigner sur les tracés praticables.

 

En hors-piste, plus on est de fous…

Votre force, c’est votre nombre. Ne sortez jamais seul en hors-piste. Il est vital d’indiquer son itinéraire à ses proches avant toute sortie en poudreuse. De plus, en cas de souci, vos partenaires seront là pour sonder la neige et pour appeler les secours.

 

PIDA : déclenchement volontaire d’avalanches

Certains diront que c’est soigner le mal par le mal. Pour éviter des départs d’avalanches dangereux, les stations purgent les pentes les plus risquées en déclenchant volontairement des avalanches.

Le « PIDA » (Plan d’intervention de déclenchement des avalanches) est un document qui indique les zones et les secteurs dans lesquels seront déclenchées des avalanches à titre préventif.

Généralement, c’est un travail qui s’effectue avant ou après l’ouverture des pistes. C’est pourquoi si vous projetez d’allier ski de rando avec votre sortie hors-piste, il est indispensable de vous renseigner sur le PIDA prévu avant de chausser vos skis.

Bon à savoir : l’équipement du freerider

Votre équipement de sécurité peut vous sauver la vie, c’est pourquoi il ne faut pas lésiner sur la qualité. Sur la liste, on retrouve le DVA (détecteur de victimes d’avalanche), une pelle et une sonde. Cet ensemble vise à secourir les autres. Pour soi-même, on peut ajouter un sac à dos airbag qui permet de rester à la surface en cas d’écoulement.

 

Observations sur le terrain pour prévenir les risques en hors-pistes

Grâce aux indices de risque avalanche et aux informations complémentaires apportées par le BRA, vous vous êtes décidé sur un itinéraire sans danger. À l’approche du lieu de départ, prenez le temps d’observer les signes d’avalanches récentes, de rechercher des coulées de neige sur votre tracé ou à proximité.

Si vous en repérez, prenez garde ! Ce sont des zones à risque. L’avalanche a pu se déclarer d’elle-même ou être engendrée par le passage d’un skieur. La prudence est de mise.

Autre point à surveiller : la neige fraîche. Est-elle due à de récentes précipitations ou a-t-elle été soufflée là par le vent ? Sa stabilité ne sera pas la même.

snowboardeur dans la poudreuse

Enfin, une fois sur place, testez la qualité du manteau neigeux ainsi que la présence de couches fragiles enfouies. Positionnez-vous afin de ne pas être emporté en cas d’écoulement et sondez la neige au bâton. C’est là toute l’utilité du « planté de bâton » ! Si la résistance est uniforme, la neige l’est tout autant. Si, en revanche, vous plantez normalement et soudainement, le bâton « plonge », c’est-à-dire qu’il s’enfouit d’un coup, alors une couche fragile se trouve sous la poudreuse. Le passage d’un skieur peut amorcer une rupture et décoller une plaque.

Dernier point pour une sortie hors-piste en toute sécurité, il vous reste à identifier des échappatoires possibles en cas de pépin. Notez que pour les passages difficiles, un seul skieur passe à la fois, pour éviter que tout le groupe soit emporté par une avalanche. De plus, prenez des repères clairs car votre perception de l’espace sera bien différente une fois au milieu des champs de poudreuse que vu d’en haut.

 

Danger avalanche : quand les chiffres parlent

En moyenne, les avalanches tuent 30 personnes par an. Dans la majorité des cas, les freeriders skiaient par risque 3 (45 %) et risque 4 (29 %). Ce chiffre tombe à 16 % pour le risque 2. Dans 87 % des accidents, ce sont les pratiquants eux-mêmes qui ont déclenché l’avalanche. Point positif : en respectant les indices et le BRA et en sondant la neige avant toute sortie hors-piste, vous limitez au maximum les risques.

 

Faire du freeride ne s’improvise pas. Les journées « peuf », c’est comme les vagues, il y en aura toujours d’autres à venir. Il est préférable de bien se renseigner sur les risques d’avalanche avant toute sortie hors-piste, et sachez que Go Sport Montagne vous aidera à compléter votre attirail du parfait freerider. Si les conditions ne sont pas réunies, il faut savoir renoncer. Vous ne vous ennuierez pas pour autant, même sans skier, nous vous avons concocté le top des activités à faire en montagne si vous ne skiez pas. 

 

Les trois points-clés à retenir :

– J’étudie avec intérêt le BRA et les indices de risque d’avalanche pour établir un itinéraire hors-piste loin de tout danger ;

– Je m’équipe du matériel de sécurité indispensable pour me protéger et secourir les autres skieurs. ;

– Je ne sors jamais seul pour faire du ski hors-piste.

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